Entre amis – Crystal

Encore un réveillon de Noël… Je n’avais cette année-là encore, malgré ma récente atteinte de la majorité, pas pu échapper à une fête impersonnelle chez quelques vagues cousins éloignés. Quelque 75 personnes s’adonnant des heures durant à une fantasmagorie culinaire et alcoolique, s’entretuant dans de stériles débats politiques, engaillardis par la musique religieuse qui semblait provenir des murs même de la villa nouvellement acquise.

Agonisant dans mon ennui, les yeux mis clos, j’observai ma petite sœur s’emparer habilement des verres égarés. Je fus alors interpellé par mes parents :

« Viens dire bonjour !»

Je maugréais. Encore une présentation, des « comme tu as grandis » et « quand je t’ai connu tu marchais à peine » à de parfaits inconnus, qui aveuglés par leur souvenirs béats niaient de toute évidence votre existence en tant qu’être humain. Ce bougre-là, un ancien collègue de mon père, restait néanmoins sympathique.

« Tu as déjà rencontré ma fille, Crystal ? » « Ces deux-là ont le droit de vote maintenant, aah ça ne nous rajeunit pas. Tiens, ça me rappelle la fois où… »

Avec un nom aussi tarte je m’en serais souvenu, pensais-je. Je me retrouvai néanmoins figé sur place.

Quelque chose avait ressurgit brusquement, à l’ instant précis où l’étincelle vert-argentée  avait traversé mon regard.

Salut, comment tu t’appelles ? … Oui mon petit frère aussi arrête pas de m’espionner … Tu veux pas me suivre dans la salle de bain ? … J’aimerais te montrer quelque chose… est-ce que je peux te voir tout nu ? C’est la première fois que je rencontre un garçon qui est aussi intéressé par ces choses-là.

C’était tout le lyrisme de mon enfance qui avait soudainement refait surface. Pas de doute ; ces cheveux châtains, raides, mi longs, cette taille serrée, ces seins légers mais tout en fermeté… Ses yeux verts emplis de malice, ses lèvres glossées qu’elle mordillait imperceptiblement. Son petit t-shirt blanc et sa jupe de coton correspondaient parfaitement à l’image que j’avais gardée, au fond de mon inconscient, de l’amie d’enfance idéale.

Elle semblait pourtant avoir l’esprit ailleurs. Était-ce possible qu’elle m’ait oublié ? Que je n’étais qu’un parmi des centaines d’autres…

« Bon et bien à plus tard ! »

Je m’efforçais moi-même, sous le regard inquisiteur des quatre parents, ainsi que de son petit frère, d’avoir l’air le plus détaché possible. Ma sœur quand à elle était déjà bien trop éméchée pour me poser le moindre problème.

« Héé frérot c’est pas la petite garce avec qui tu jouais au docteur ? » me susurra-t-elle quand je rejoins la table.

Peut être avais-je parlé trop vite. Mais elle changea vite d’occupation, en pleine conversation qu’elle était avec une coupe de champagne.

J’errai maintenant dans la pièce principale, perdu dans ma nostalgie. Je cherchai la coquine du regard, mais ne trouvais que de vieilles joueuses de bridge, et toute une équipe de mère de famille ayant temporairement délaissé leur régime Weight watcher pour aborder leur 45e plat. Un peu découragé, je passai devant une porte en me rendant en direction du hall.

Une main m’attrapa soudainement et m’entraîna dans l’autre pièce.

« Qui ? que ? quoi ? »

Je n’eus pas la temps de me poser nombre de questions. La petite Crystal me tenait les deux mains et me regardait de son air espiègle.

« Je m’ennuie, viens, suis-moi, on va faire un truc marrant ! »

Et elle me tira derrière elle en virevoltant gaiement dans la pièce.

« Tiens j’ai trouvé ça. »

Elle enclencha la chaîne hi-fi qui déroula un rythme de merengue. Sans me laisser le temps de comprendre, elle me prit les mains et se mit à bouger comme une diablesse, faisant flotter sa petite jupe.

Mais je me repris prestement, et cherchai à la dompter, à vrai dire instinctivement dans la mesure où à cet âge-là je ne savais pas toujours exactement ce que je faisais.

« Alors, comme ça tu m’as oublié ? » me lança-t-elle avec un sourire terriblement excitant.

« Héé non, c’est plutôt toi, j’étais triste tout à l’heure je croyais que tu m’avais pas reconnu.»

Mais qu’est ce qui me poussait à parler aussi niaisement.

« Ooh comme c’est mignon ! »

Elle se payait sévèrement ma tête. C’était néanmoins fait sans aucune méchanceté.

Elle se rapprocha de moi.

« Je ne te crois pas ! » me chanta-elle comme s’il s’agissait d’une formule pour m’envoûter.

Je la pris au mot.

« Oh mais ce n’est peut-être pas toi. En fait je n’ai qu’un moyen de le vérifier. »

Mon assurance soudaine sembla la troubler. Et il n’y avait rien de plus dangereux pour le jeune homme innocent qu’une Crystal troublée.

« Quoi donc ? » Ses lèvres frôlaient les miennes.

« Je crois me rappeler que ta peau avait le goût de miel. » Je ne sais toujours pas à l’heure actuelle d’où me vint cette inspiration soudaine mais me baissant, j’avais remonté légèrement son t-shirt et lui mordillai le ventre.

« Mmm pas de doutes c’est bien toi ! »

Je m’attendais à une paire de claques bien méritée.  Mais au lieu de cela, ses longs doigts agiles agrippèrent mes cheveux, et elle me tira contre elle en inspirant longuement.

Son ventre, parfaitement plat, était délicieusement chaud. Mon cœur battait à tout rompre, tandis que ma main remontait timidement le long de sa cuisse. Mon bras en fit le tour, du bout des doigts je remontais délicatement le bout de sa jupe, jusqu’à découvrir une culotte de coton, déjà à moitié humide. Je lui léchai ainsi le pubis à pleine langue. La gazelle eût un soubresaut, tandis que le contact du tissu me faisait frissonner. J’étais un peu timide, mais elle l’ôta elle-même, dévoilant sa tendre petite chatte fraîchement rasée. Elle se laissa tomber en arrière, jusqu’à une vieille commode contre laquelle elle s’appuya. Ne la laissant pas fuir, je plongeais maintenant à pleine langue sur elle, goûtant maintenant pleinement le nectar dont les vapeurs me chatouillaient les narines. Ce goût délicieux, légèrement corsé, en disait long sur l’excitation de la jeune fille. Elle avait maintenant des petits rires involontaires.

« Mais qu’est ce que tu fais ? »

Jouant, de mes doigts inexpérimentés, avec son orifice, j’en insérai un longuement dans sa chatte serrée. Me trouvant soudainement cavalier, je cherchai son approbation. Je la reçus sous la forme d’un mouvement de hanches suggestif. Elle se pencha un peu plus en arrière.

« Tu m’as manqué, tu sais.. » « C’était beaucoup moins drôle toute seule.. »

Je remontai lentement vers elle, les yeux rêveurs.

«  Tu es sûre de ton coup ? »

« Mmm les autres ne font pas tout ce cérémonial d’habitude. Allez viens un peu par ici, beau gosse. Tout ce temps où je me demandais où tu étais passé… Tu n’imagines pas comme j’aurais aimé te donner ma première fois. »

« On a toute la nuit pour se rattraper » lui susurrais-je, avec une assurance qui me surprit une fois encore.

Je n’eus pas le temps de sortir l’un des préservatifs qui traînaient en permanence dans la poche de mon jean qu’elle me devança, attrapa son sac à main et en sortit le précieux sésame.

Elle plaça son index sur mes lèvres.

« Laisse-moi faire »

Et me poussa dans un vieux canapé bordeaux. Elle arracha presque ma chemise, me lécha le torse, puis le ventre, me mordant les abdominaux.

« Wouah tu as continué le sport à ce que je vois » remarqua-t-elle, avec une pointe d’excitation tranquille. Elle grogna légèrement, tout en déboutonnant mon pantalon, qui, me semblait-il, n’aurait pas tardé à craquer sous la force de mon érection.

« Mmm » Elle s’empara de mon sexe, le fixant d’un air gourmand, avant de l’engloutir dans sa bouche. Ses lèvres descendirent le long de ma queue, je me sentis monter le long de cette chaleur humide. Fidèle à son esprit joueur, elle ajoutait, de sa langue et de ses doigts, sa touche personnelle, inimitable. Déjà je tressaillais.

« Ohlah, pas si vite coquin ». Elle me donna deux claques relativement fortes pour me faire redescendre la pression.

« Hoo » Je n’avais plus la motivation de feindre d’être choqué. Dans le fond cela faisait grimper mon excitation. Elle me sourit d’un air taquin

« Oups, désolée ! ». Elle déroula habilement le préservatif. Puis vint s’allonger sur le ventre le long du canapé, telle la chatte lasse et docile qu’elle était.

« Je vais faire une petite sieste ».

« Héé.. .»

Je grimpai vers elle, commençant à lui lécher les chevilles, remontant le long de ses jambes, de son dos, son cou, finissant par lui mordiller les oreilles tandis que je l’enserrai dans mes bras, la recouvrait pleinement, de peur qu’elle n’attrape froid.

Je restai ainsi un instant sur elle, enlaçant ses courbes, savourant ces instants furtifs de tendresse, juste avant le grand bal..

Tout naturellement je la pénétrai, et aussitôt sa chaleur m’envahit. Elle soupira lascivement, remuant très légèrement, juste pour m’indiquer le rythme lent auxquels elle me désirait. Je passai ma main dans ses cheveux, lui agrippai légèrement la nuque, la pénétrant toujours de façon hypnotique. Elle tourna sa tête vers moi, m’embrassa de façon très tendre, je goûtai pleinement ses lèvres sucrées.

Je lui attrapai les deux mains, elle me serrait fortement, à chacune de mes incursions.

« Oui, comme ça, ne t’arrête pas surtout », me susurrait-elle d’une petite voix, dans le but avoué de faire grimper mon excitation.

« Tu penses que des gens sont à notre recherche ? », cette petite coquine était intarissable, à tous points de vue. La bête se réveilla, elle se redressa à quatre pattes, et se mit à fait plus de la moitié du travail, remuant ses hanches et son cul parfaitement ferme, qui brillait légèrement dans l’obscurité.

« Mm tu aimes ça ? Moi oui, mm tu me fais du bien. Viens, plus fort ! »

Je m’exécutai. Mais cette position était trop pour moi. Je n’aurais pas voulu gâcher prématurément la fête, particulièrement une veillée de Noël aussi sexy

C’est pris dans ces considérations philosophiques que je sortis précipitamment d’elle, pour mieux y replonger de ma langue. La petite libellule ne sembla pas contrariée. Elle enfonça son visage dans le moelleux du canapé pour y étouffer quelques cris.

Puis d’un coup elle me repoussa, je tombai en position assise. Elle me chevaucha. Passant sa main le long de mon visage et m’embrassant de la plus tendre des manières, elle se mit à remuer ses fesses sur moi, de plus en plus rapidement, tant et si bien que l’observateur attentif aurait pu entendre dès cet instant ses cuisses claquer sur les miennes. Toujours habillée qu’elle était, à quelque détails près, elle prit ma tête sous son t-shirt, me l’enserrant entre ses bras délicats. Je savourai le contact délicieux de sa peau laiteuse, et de ses seins si doux. Je mordillai, au risque de me briser le nez, le bout de ses tétons délicats. Je l’entendais maintenant clairement crier, s’agiter comme une tempête sur mon corps en sueur et ma virilité tendue comme jamais. Elle tressaillait.

Elle s’arrêta soudainement sur moi en un dernier cri qu’elle tentait tant bien que mal d’étouffer. Ce brusque changement de rythme me fit craquer soudainement, et je la serrai fortement contre moi, pris d’un violent orgasme.

J’avais la tête contre ses seins, je n’entendais plus que son cœur, qui battait comme s’il allait se décrocher. Ses ongles s’insinuaient profondément dans mon dos. Je finis par sortir de cette alcôve où j’étouffais. Je la pénétrai du regard, mon brun noir ténébreux se noyant dans la baie bleu vert, légèrement humide désormais, de par l’émotion.

Pris de mes derniers soubresauts, je l’enserrai ainsi en une dernière étreinte, que je ne pourrai jamais oublier, pas plus que nombre d’années auparavant la première fois où, dans cette salle de bain, nous nous sommes découvert un trait d’esprit, une passion commune, qui nous rendrait complices pour le restant de nos jours.