Irréversible

J’ai envie de vous raconter mon premier rapport sexuel. J’avais 20 ans en 2002 quand j’ai regardé le film « Irréversible » : violence, sexe, je voulais quand même le visionner. Pour ceux qui ne le savent pas, c’est l’histoire d’une femme prénommée Alex et de son compagnon Marcus. Ils se disputent un peu à une fête organisée par l’un de leurs amis ; elle décide en conséquence de rentrer seule chez elle. Elle va subir le pire, l’insoutenable, au cours de la nuit dans un passage piéton souterrain. C’est une expérience douloureuse et exténuante dont tout le monde ressort traumatisé, bouleversé, dégoûté.

A ce moment là, je décidais de me laisser aller et j’entrouvrais les cuisses. J’avais très envie de Pierre-Ange.

Rarement film au cinéma n’aura incité autant de réactions et de commentaires contradictoires de la part du public, des médias et des critiques de cinéma. Moi, ça m’a carrément déprimé et dégoûté du sexe. Imaginez : tout juste 20 ans et encore vierge… L’amour pour moi était devenu forcément un acte sale. Je n’en pouvais plus, le découragement m’accablait, le dégoût m’empoisonnait,  l’ennui me dévorait et je concevais ma vie désormais sans homme.

J’habitais au Cap Corse avec ses jolis vignobles, orangers et oliviers. Un endroit sauvage et moins accessible que le sud avec cette succession de montagnes recouvertes de maquis verdoyants… Je profitais du lieu pour faire des randonnées chaque week-end. C’était le début du mois d’octobre. L’automne m’avait surprit au milieu de mes certitudes : ce jour-là, il faisait un peu frais. Je marchais à grands pas, le visage rougi, le vent sifflant dans ma chevelure brune et épaisse. Brusquement, il s’était mis à pleuvoir violemment. J’ai couru me réfugier dans une espèce de cabane et là je l’ai rencontré. Il était de Bastia, cette ville active comme sur le continent. Je n’aimais pas les grandes villes. Je préférais le parfum des plantes aromatiques qui emplissent l’air des villages et des petites villes de l’île. Pourtant, j’ai eu un coup de foudre. Ce furent de longues promenades main dans la main, des jeux de caresses infiniment recommencées et des confidences tendres. Et puis, j’ai fini par lui avouer que malgré mes vingt ans, je disposais toujours de cette petite membrane qui referme partiellement l’entrée du vagin et qui représente énormément, même encore aujourd’hui sur le plan symbolique.

Pierre-Ange avait 25 ans. J’avais simplement envie de lui, de sentir sa bouche de mâle contre mon sexe, une langue entrer en moi, ses mains expertes caresser mes seins lourds (85D). Je voulais faire l’amour et lui offrir ma virginité. Un acte irréversible que je désirais plus que tout au monde.

Nous nous sommes donné rendez-vous à Vico Sagone dans la maison de sa grand-mère qui était en vacances. Ce village est situé sur un monticule, dans une grande vallée, il est dominé de tous les côtés par des montagnes qui l’entourent. C’était hyper romantique. Nous avons pris une douche ensemble. Ensuite, encore humides, nous nous sommes allongés sur un tapis moelleux, très confortable. Il a commencé par me caresser les lèvres, la nuque, les seins, le bas-ventre, les fesses, l’intérieur des cuisses. Il passait légèrement la main au creux d’un de mes genoux. Je lui ai prodigué des caresses sur ses cuisses puis plus coquines, entre ses organes génitaux et son anus. Je n’osais pas caresser son phallus. Celui-ci me paraissait énorme, il faut dire que c’était la première fois que j’en voyais un d’aussi près.

A ce moment là, je décidais de me laisser aller et j’entrouvrais les cuisses. J’avais très envie de Pierre-Ange. Pourtant, au lieu d’enfoncer sa verge rigide comme je m’y attendais, il opta pour une caresse buccale intense. Il faut une grande confiance, beaucoup d’amour et une belle complicité pour s’abandonner dans le plaisir et recevoir ce type de caresses avec le plus grand bonheur. Ce fut d’abord une  pénétration douce et lente d’un doigt, puis de deux et enfin de trois. Il explorait mon vagin avec une incommensurable douceur sans aller trop profond. Ses caresses me procuraient d’infinies sensations toutes aussi merveilleuses et variées les unes que les autres. Il pénétrait mon univers intime, chaud, humide et j’adorais ! Au fur et à mesure des caresses, je ressentais d’agréables petits frissons. C’est alors que langue se glissa vers mon clitoris et le titilla, l’aspira, s’arrêtant quand le plaisir montait trop vite puis continuait encore et encore à le lécher. Les caresses provoquaient des réflexes qui cambraient fabuleusement mes reins. Mon corps détendu, s’ouvrait largement. Je me livrais intégralement au plaisir qui, au fur et à mesure me gagnait toute entière.

Il enfonça alors sa belle queue doucement. Je ne pouvais que gémir et me laisser faire. Sa verge était un délicieux fruit d’amour. Je ne pouvais m’empêcher de pousser des soupirs de plaisir, sans pudeur aucune. Un petit déchirement, j’étais une femme, une vraie heureuse et comblée. La douleur s’estompa vite. Ne pouvant se retenir davantage, il se mit à jouir bruyamment puis il s’est retiré. Le sexe encore gonflé d’excitation, il est parti à la douche. Je n’ai pas eu d’orgasme pour cette première fois mais j’ai eu beaucoup de plaisir. Et puis, croyez-moi, j’ai connu beaucoup d’orgasmes avec Pierre-Ange après cette première rencontre. Aujourd’hui, j’habite Bastia, je l’ai épousé et je suis très heureuse.