Le plaisir saphique ou l’amour au féminin

Si l’homosexualité masculine a été, plus ou moins bien admise, selon certaines époques ou cultures, l’homosexualité féminine a mis des siècles avant de pouvoir être vécue librement par ses protagonistes. Excepté Sapho dans l’Antiquité grecque, aucune femme avant la duchesse d’Aiguillon, nièce de Richelieu, n’a pu s’afficher en tant que lesbienne. Uniquement des femmes actrices ou cantatrices osaient exposer explicitement leur différence. « Mme de Vigean se jeta à corps perdu dans les bras de Mme d’Aiguillon ; c’eut été une tigresse si elle l’eut rejetée». J’étais en train de relire l’histoire de la « Belle Baronne » quand mon interphone se mit à sonner.

Je suis ce qu’on appelle vulgairement une « gouine ».

C’était elle. Elle était en bas de mon immeuble. J’appuyais aussitôt sur un bouton pour lui ouvrir la porte. J’étais, je l’avoue un peu tendue. Vous l’avez compris, je suis ce qu’on appelle vulgairement une « gouine », une insulte lesbophobe que je hais. Cela faisait trois mois que je fréquentais Annah, une jeune femme étudiante en littérature âgée de 25 ans, future enseignante de français et de latin dans une université prestigieuse. C’est elle qui m’instruisit à la belle littérature et notamment à la littérature érotique. Je suis âgée également de 25 ans et j’ai tout juste un CAP. C’est cette première dissemblance qui sans doute nous a rapprochée l’une de l’autre. Toujours est-il qu’elle avait décidé pour fêter mon anniversaire de me faire goûter aux joies de l’homosexualité féminine.

– Je n’ai pas beaucoup d’expérience là-dedans, lui avouais-je même si je connais mon penchant et que je l’accepte.

– Comme s’il s’agissait uniquement de l’avoir fait souvent. Il me semble que c’est le plaisir de lécher le sexe d’une femme qui est important. Non pas la technique, se moqua-t-elle !

Elle portait une douce lingerie en tulle transparent se caractérisant par des finitions froncées. Sa vaporeuse accompagnée d’une jambière basse en tulle sur son corps était à fleur de peau. Cette robe constituait la tenue idéale pour mes soirées coquines. Elle m’avait expliqué l’utilité des dessous chics et féminins dans une relation intime. Avant de la rencontrer, je n’accordais aucune importance aux sous-vêtements.

« J’aime l’incitation presque provocante de la lingerie fine, j’aime la pureté portée sur une presque nudité » m’avait-elle confié.  J’avais donc opté avec une attention toute particulière pour une  lingerie fine chic et sexy et très féminine destinée à la femme sensuelle et charmeuse qui sommeillait en moi : soutien-gorge  et string transparents en dentelle et  satin accompagnés d’un porte-jarretelle et de bas résille.

Elle est mon amour au féminin.

Je m’étais couchée intimidée sur le dos, les bras le long du corps, les jambes légèrement entrouvertes, et elle s’est approchée. Elle me caressa longuement centimètre après centimètre. Elle m’inonda de plaisir et de sensualité. Elle m’invita à la goûter à son tour en position 69, bien plus pratique.

Je me délectais de parcourir de mes lèvres son corps. Le bout de ma langue glissait dans tous les recoins de son intimité. J’adorais sentir sa chaleur sur moi. Je continuais à l’explorer de ma langue. Alors, elle m’a écarté les cuisses avec douceur pour plonger au fond de ma vulve sa langue. Ses lèvres charnues sentaient bon la cyprine. Tandis qu’elle s’abreuvait de mon jus intime, je glissais ma langue sur son petit clitoris et la léchais avec ardeur. Elle commença à gémir.

Ce cunnilingus était délicieux et très sensuel. Je la sentais frémir à chaque fois que je passais près de son clitoris ou que je m’attardais dessus. Son clitoris gonflait et elle se cabrait de plus en plus. Ses désirs et à ses envies étaient les miens. Je fis glisser alors mon doigt dans le fond de son petit minou. Je l’enfonçais puis je le retirais presque sauvagement tout en la léchant.

Elle me cria qu’elle aussi avait envie de me faire gémir. Mon sexe se retrouvait au-dessus de sa bouche. Elle écarta mes lèvres et plongea dans mon intimité. J’étais en transe et je sentais qu’elle partageait cet état. Elle me disait qu’elle allait jouir et tandis qu’elle insistait sur mon petit bout rouge, j’aspirais le sien voluptueusement. C’est ainsi que le plaisir monta et nous hurlâmes toutes  les deux de jouissance. Nous avons continué à nous caresser amoureusement une partie de la nuit.

Il n’y a rien de plus excitant, de plus troublant, de plus mystérieux que de glisser son visage au creux de ses cuisses, d’approcher de cet antre du plaisir qu’est son joli sexe, un lieu d’une douceur inégalable, aux saveurs et aux effluves inimitables. Je sors d’une histoire très difficile avec une fille qui n’assume pas son homosexualité et Annah m’a ressuscitée. On se tient par la main, on s’embrasse au supermarché. Nous sommes en couple et pour la première fois je me sens vraiment bien. On a du mal à se passer l’une de l’autre. Annah est mon oxygène, mon énergie, mon moteur.

Marion